Jacques Martin naît le 22 juin 1933 à Lyon.
Il se forme à l’école des cabarets et des chansonniers dont il devient l’une des figures les plus importantes grâce à son langage fleuri et son esprit corrosif. Dès 1949, il prend des cours de théâtre chez Charles Dullin. Il s’oriente ensuite vers le petit écran à Télé-Strasbourg (future FR3 Alsace en 1975) en participant à l’émission « Dimanche en France » présentée par Jean Duchesne et dans laquelle il anime une séquence intitulée « Pas très show ». Il y fait ainsi sa première apparition télévisuelle le 27 novembre 1960 sous le pseudonyme de Jacques Ducerf, n’étant autre que le patronyme de sa mère. Il remporte un beau succès en parodiant, entre autres, les folklores régionaux.

En parallèle, toujours à Strasbourg, de 1959 à 1962, il fait partie de la troupe satirique du « Cabaret de Barabli », l’établissement alsacien de Germain Muller.

Au début des années 60, il se lance également en tant que compositeur et chansonnier dans des émissions comiques avec Jean Yanne et le duo Jean-Marc Thibault / Roger Pierre. Il enregistre notamment avec Jean Yanne quatre chansons pastiches des « Elucubrations d’Antoine » qui sortent en 45t.

Repéré par Jacques Chancel, il fait véritablement ses débuts télévisés sous son vrai nom et en compagnie de Jean Yanne, son complice d’alors. L’émission mensuelle s’intitule « 1 = 3 » et démarre le 30 janvier 1964 sur la première et unique chaîne de la RTF. On y retrouve également des comédiens tels que Paul Mercey, Lawrence Riesner ou encore André Gaillard et Teddy Vrignault, les célèbres « Frères ennemis ». Le programme se compose d’une succession de sketches parodiant des émissions de télévision ou des évènements historiques. Le sketch diffusé en mars 1964 assimilant Napoléon et ses maréchaux à des coureurs cyclistes du Tour de France fera scandale, lui vaudra un procès et signera en juin de la même année l’arrêt prématuré de l’émission au bout de cinq numéros.

Les principaux supports d’expression de Jacques Martin restent malgré tout la scène et la radio durant cette période et ses apparitions restent plus sporadiques. Il fait notamment la première partie de Jacques Brel à l’Olympia, se produit à Bobino où il monte un spectacle de chansons et de parodies et écrit même une comédie musicale « Petitpatapon » qui se soldera par un échec.
Il faut attendre septembre 1968 et « Midi Magazine » pour le retrouver plus régulièrement à la télévision. Le magazine est inclus dans la tranche horaire du journal de la mi-journée et on adjoint à l’animateur la jeune speakerine qui vait débuté à la station régionale de l’ORTF de Clermont-Ferrand, Danièle Gilbert, qu’il surnommera rapidement « La grande Duduche ».

Le 16 juin 1969 est retransmis en différé le gala de clôture du festival de Cannes qui s’est tenu le
23 mai et c’est Jacques Martin qui a l’honneur de la présentation.

Au vu des différentes activités de Jacques Martin qui l’occupent énormément, on le verra moins à l’antenne et à partir d’avril 1970, Danièle Gilbert s’acoquinera d’une personnalité différente chaque mois pour la co-présentation ( Alex Métayer, Coluche, Antoine, etc ).
A partir du 12 avril 1971, l’émission change de nom et devient « Midi chez vous », on retrouvera Jacques Martin à nouveau aux côtés de sa partenaire et ainsi jusqu’à la fin de la saison début juillet.

Le 23 décembre 1970, Jacques Martin et Georges Folgoas proposent sur la 1ère chaîne le spectacle « Le Noël de Madame Berrichon », personnage que l’animateur incarne en se travestissant en vieille dame cocasse des années 20 et qui fait bien entendu référence à la pièce d’Eugène Labiche.
Le 31 décembre 1970, les deux acolytes produisent la soirée de la St-Sylvestre intitulée « 71 Une Première » composée de sketches et de variétés.

1971 est une année bien remplie pour l’animateur : il anime et produit au cours de l’année à plusieurs reprises des émissions de divertissement en prime time telles que « Trois bémols à la clé » en juin ou « Les pieds au mur » en octobre. Il participe aux émissions de ses collègues du petit écran comme Philippe Bouvard (« Samedi soir »), Guy Lux (« L’avis à deux », « Les étoiles de la chanson »). Il prend part au fameux Gala de l’Union des artistes en juin et est même l’invité principal de la mythique « Aujourd’hui madame » en juillet accompagné de son pianiste et de son contrebassiste.
Le 23 avril 1972, Jacques Martin présente la partie variétés de la soirée du référendum auquel les français sont invités à répondre concernant l’adhésion de quatre nouveaux pays à la CEE. Elle est diffusée en direct sur les deux chaînes de l’ORTF et réalisée par Georges Folgoas, le complice de Jacques depuis des années.
Il quitte la première chaîne pour la deuxième et nous le retrouvons à l’été 1972, en première partie de soirée, pour une série de quatre émissions de variétés hebdomadaires : « Gentil coquelicot », enregistrée au théâtre Marigny et coprésentée avec sa future compagne à la ville, la comédienne Danièle Evenou. Georges Folgoas est toujours à la réalisation et le programme mêle chansons et gags facétieux dont Jacques Martin a le secret. La première est diffusée le 29 juillet et on y retrouve notamment comme artistes invités Annie Cordy et Julien Clerc qui interprètent leurs
succès du moment.

1972 est également l’année du tournage du film « Na ! » réalisé par Jacques Martin et dans lequel il a le premier rôle. Le film en sortira en salles en juin 1973 et fera un flop retentissant…

Pour les législatives 1973, Jacques Martin est à nouveau à la manoeuvre et présente en direct les soirées électorales des 4 et 11 mars, ponctuées de sketches et de chansons.

Guy Lux est temporairement écarté de l’antenne pour de supposées collusions avec les maisons de disques et son émission « Cadet Rousselle » n’est pas reconduite. On retrouve ainsi Jacques Martin à la rentrée 1973 pour une nouvelle émission, « Taratata », réalisée par Bernard Lion (Nagui en reprendra le titre 20 ans plus tard…) et qui est consacrée à la variété, l’humour ainsi qu’à l’opéra et l’opérette. Pour ce nouveau programme de divertissement, il est accompagné pour la présentation d’Evelyne Pagès, déjà animatrice à la télévision et dont la voix suave est déjà bien connue des auditeurs de RTL dont elle fera les beaux jours jusqu’en 1997. A partir du 27 septembre 1973, chaque jeudi soir à 20h35 sur la deuxième chaîne pendant environ 70 minutes, les stars de la chanson et du music-hall vont se succéder et comme à son habitude l’animateur éternel « poil à gratter » va multiplier les sketches grinçants auxquels il reste fidèle.



L’émission ne durera que cinq mois et Guy Lux reviendra sur le petit écran en mars 1974 avec sa nouvelle émission « Domino ». Pas rancunier, en duplex de New-York, Jacques Martin souhaitera même bonne chance à Guy Lux pour sa première. Tout au long de 1974, il apparaîtra entre autres dans quelques « Top à… » des Carpentier, dans « Le grand échiquier » de Jacques Chancel et présentera la partie variétés des deux soirées électorales présidentielles des 5 et 19 mai.
C’est surtout en janvier 1975 sur la toute jeune TF1 qu’il fera un come-back éblouissant…

A suivre…

Article rédigé par notre ami Lorenzo Ham, merci à lui
SUITE : Jacques Martin #02 Bon Dimanche >>>


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