A la fin des années 30, après plusieurs provocations – prises de position pro-fascistes, admiration déclarée pour Hitler, Salvador Dalí est exclu du groupe des surréalistes d’André Breton. Le peintre part s’exiler aux Etats-Unis. En 1945, lors d’un dîner mondain organisé par la Warner, il retrouve Walt Disney, dont il a fait la connaissance quelques années plus tôt.




En 1941, les artistes Disney se sont rendus en Amérique du Sud pour s’imprégner du continent et imaginer des œuvres qui mêleraient notamment prises de vues réelles et animation. Le premier film à voir le jour est « Saludos Amigos » précédant « Les Trois Caballeros ». Un troisième film est imaginé sous le titre « Carnival » devant contenir quatre séquences sur Cuba, la Colombie, le Brésil et enfin le Mexique.

La source d’inspiration de Disney est la chanson mexicaine d’Armando Domínguez intitulée « Destino ».
Le dessinateur y voit le destin tragique de Chronos, dieu grec du temps, désespérément amoureux d’une mortelle… il n’en faut pas plus pour séduire Dalí.

Le 14 janvier 1946, Dalí et Disney signent un contrat de travail d’une durée de deux mois. Durant cette période, Dalí travaille aux Studios Disney de la ville de Burbank en Californie, créant les dessins pour le futur court-métrage. Il se consacre au story-board et aux peintures préliminaires utilisant l’encre, le crayon, l’aquarelle et l’huile.

Malheureusement, les exigences de Dali font exploser littéralement le budget alors même que les studios Disney, en proie aux conséquences de la 2nde Guerre Mondiale qui les privent du marché européen, n’ont plus un sou en caisse.
Par consentement mutuel, le projet est stoppé et les travaux sur le court-métrage remisés. Cette situation n’entravera cependant jamais l’amitié que se portaient Walt Disney et Salvador Dali qui passeront de nombreuses fois leurs vacances ensemble.




Au début des années 70, Dave Smith entreprend de créer « les Walt Disney Archives ». Une de ses premières taches consiste alors à retrouver puis protéger les œuvres de l’artiste. Au fur et à mesure du temps, le travail collaboratif entre les deux génies devient source de légende.

A la fin des années 90, Roy E.Disney apprend au détour d’une conversation avec l’un des avocats de son groupe que le contrat liant Dalí à Disney stipule expressément que les œuvres du peintre ne deviendraient la propriété de la compagnie que lorsque le court-métrage serait terminé. Plus qu’une question d’argent, c’est une question de patrimoine qui se pose désormais. Roy E.Disney entreprend donc de terminer le projet interrompu presque 60 ans plus tôt.




Reposant sur les premières ébauches du film et grâce aux témoignages de John Hench qui avait collaboré avec Dali à l’époque et du journal que tenait la femme du peintre, Dominique Monfery, un animateur français, commence à travailler sur le projet en 2003.

«Destino» est finalement présenté dans différents festivals et notamment le « Festival International du Film d’Animation d’Annecy » en 2003 dont il ressort primé. Il est également distribué en circuit limité aux Etats-Unis, à Los Angeles et New York à la fin de l’année 2003. Nommé dans la catégorie « Oscar du Meilleur Court-Métrage », il ne remporte malheureusement pas la statuette.



Sources additionnelles:
https://www.telerama.fr/
https://www.salvador-dali.org/
https://www.chroniquedisney.fr/

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