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En 1976, deux amis, Jean-Luc Azoulay, le A, secrétaire de Sylvie Vartan, et Claude Berda, le B, vendeur de jeans, fondent AB Productions, une société d’éditions musicales. Le duo fonctionne parfaitement alors qu’Azoulay s’occupe de la partie artistique, Berda lui s’occupe du côté business. Les deux hommes créent un empire qui marquera l’histoire de la télévision et tout ça à cause d’une moule…




Jean-Luc Azoulay dit « JLA », nait le 23 septembre 1947 à Sétif d’un père prof de maths et d’une mère « sans profession », il débarque en France en 1962. Le pied noir se lance dans de longues études de médecine et se découvre une folle passion pour la chanteuse Sylvie Vartan. Il monte un « fan club » et parvient à convaincre son manager Carlos de l’embaucher. L’autodidacte Azoulay passe ainsi une bonne partie des années 60 au sein des tournées de Sylvie Vartan, de Johnny et des yéyés. Carlos devient célèbre et cède sa place à Jean-Luc qui fait ses classes sur les plateaux de Maritie et Gilbert Carpentier. Mais un jour sa belle part l’Amérique. Il rencontre alors le jeune Claude Berda.

Claude Berda, né le 3 février 1947 à Paris, fait des études en droit et en gestion à l’université Paris-Dauphine et commence à vendre des jeans à la sauvette sur le campus. Il monte ensuite une boutique à Saint-Tropez, puis en ouvre 39 autres sur toute la Côte d’Azur. En 1976, il rencontre Jean-Luc Azoulay.

Les deux jeunes ambitieux fondent leur boîte de production artistique baptisée à partir de leurs initiales.
Il signe l’adaptation disco de la chanson « Mustapha » (Chérie je t’aime, chérie je t’adore) créée par Bob Azzam qui finit Disque d’Or. Avec l’autorisation du Vatican, ils éditent des disques composés des messes du Pape Jean-Paul II.

Les allumettes « Mustapha » (Version Disco)


En 1979, Dorothée est choisit pour être l’héroïne du conte musical « Au pays des chansons ». Pensant seulement donner la réplique aux autres comédiens, Jean-Luc Azoulay et Michel Jourdan la convainquent de chanter. Après un premier album 33 Tours, s’en suit la première production du groupe pour la télévision.
Si Antenne 2 et Jacqueline Joubert entourent la carrière télévisuelle de la jeune animatrice, A et B s’occupent de la partie musicale. Dorothée enchaîne les albums et les succès.

AB produit également d’autres artistes comme Emmanuelle Mottaz et son « Premier baiser » ou encore une certaine Vanessa Paradis.

En 1987, Claude Berda propose à TF1 de lui confier l’unité famille de sa chaîne, soit plus de 900 heures de programmes par an. L’aventure « Club Dorothée » commence et durera dix ans.
Afin d’enrichir le programme de productions françaises et remplir ainsi leurs obligations de quotas, les producteurs se lancent dans la fiction et développent les sitcoms à la française commençant par « Salut les musclés » puis « Premiers baisers » et son spin-off « Hélène et les garçons » ainsi toutes une série de déclinaison du concept.
Profitant de la renommée de ses acteurs et des plateaux de Dorothée, AB surfe sur le succès en produisant des dizaines de chansons interprétées par les nouveaux héros de TF1.

En 1995, Claude Berda décide d’éditer un bouquet de chaînes thématiques allant du sport au cinéma en passant par les documentaires animaliers. De son côté, TF1 s’apprète à lancer TPS, un autre bouquet satellite, la rupture entre les 2 géants médiatiques est inévitable. Dorothée et toute sa clique en sont les premières victimes. « AB Productions » licencie 1000 de ses 1300 employés.

Le bouquet « ABsat » est lancé en avril 1996 et la commercialisation débute en décembre 1996. Claude Berda continue ses investissements et acquiert entre autres la société « Hamster », producteur de fictions reconnues telles que « Navarro » et « L’Instit ».

En juillet 1999, les deux dirigeants, Claude Berda et Jean-Luc Azoulay se séparent professionnellement et créent chacun leur société. Jean-Luc Azoulay rachète 80 % des activités de production et crée « JLA Holding ». Claude Berda conserve les chaînes et le catalogue de programmes pour créer « AB Groupe » qu’il conserve jusqu’en 2017 avant de le vendre à « Mediawan » pour 280 millions d’euros.

Sources additionnelles:
Sitcomologie
Ciné Télé Revue


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